parcours politique

 

 

 

Parcours Politique

 

 

"Connais-toi toi-même"

Je suis né le 19 février 1931 à Clermont-Ferrand. Je suis un vieil homme. Qui suis-je ? Comme disait l'autre: "je sais que je ne saurai jamais". Je ne me connais qu'à travers  les actes que j'ai accomplis. en fonction de mes ressources intellectuelles et culturelles, de mes adhésions morales et de mes refus, de mes engagements civiques et professionnels, de mes réussites et de mes échecs, de mes capacités à surmonter les aléas de la vie. 
Au soir de ma vie, un impérieux désir me pousse  à faire état de mes engagements sociaux et politiques qui avec mes choix professionels ont le plus marqué ma présence au monde. C'est aussi un témoignage partiel de mon vécu dans l' Histoire qui m'était contempraine et aussi en quelque sorte un testament politique.


L’esprit de résistance

Ma conscience politique et sociale s’est éveillée très jeune sous le régime de Pétain et pendant l‘occupation allemande. Mes parents avant la guerre de 39 étaient socialistes, pacifistes disciples de Jaurès. Ils consacraient beaucoup de leur temps extra professionnel aux œuvres sociales et aux Eclaireurs et Éclaireuses de France. Ils avaient créé en 1932 la colonie maritime sanitaire Ker-Nétra aux Sables d’Olonne pour les enfants de Clermont-Ferrand.
Mon père mobilisé fit la guerre de 39-40 sans avoir à tirer un coup de feu. Il avait, disait-il, pour toute arme un tire-ligne et un crayon. Il était affecté au Service Géographique de l’Armée. L’idée d’avoir à tuer un être humain le répugnait. Il fut néanmoins décoré de la croix de guerre pour avoir regroupé un bataillon en débandade, privé de chef et l’avoir guidé pour le sortir d’un encerclement par les troupes allemandes.
Après la défaite, il salua le courage des 80 parlementaires qui avaient refusé de donner les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Dès l’avènement de l’État français, un décret paru au journal officiel, lui interdit d’exercer  des responsabilités dans les mouvements de jeunesse. En 1942, il concrétisa son opposition au régime en ralliant ainsi que ma mère le mouvement de Résistance ORA (organisation de résistance de l’armée). Il était le trésorier du mouvement et ma mère était agent de liaison. Ils eurent les mêmes responsabilités au sein du MUR d‘Auvergne (mouvement uni de la résistance) quand celui-ci fut créé.
J’ai eu la confirmation qu’ils étaient résistants le jour où stupidement j’ai insulté un officier allemand. Je marchais sur un trottoir étroit, lui venait en face de moi. Je lui ai refusé le passage. Il m’envoya valdinguer et poursuivit son chemin. J’ai crié dans son dos Gross Schein et je me suis enfui à toutes jambes. Le soir à la maison je me suis glorifié de mon exploit. Mes parents abasourdis me firent prendre conscience de mon imbécillité. J’avais mis en danger toute la famille. C’est à ce moment qu’ils me dirent ouvertement qu’ils étaient dans la Résistance. Ainsi s’expliquaient les réunions nocturnes qui se tenaient dans la salle à manger, et les liasses de billets de banque que j’avais vues lorsque mon père les avait dissimulées dans le silo à betteraves du jardin. Je leur ai promis de ne rien dire. J’étais tout fier de la confiance qu’ils avaient mise en moi. Le gamin que j’étais, avait le sentiment d’être un vrai résistant.
Ma conduite stupide vis à vis de l’officier allemand avait en fait était provoqué par un accès de haine justifié. Nous venions d‘apprendre l‘arrestation à Paris par la gestapo, de ma marraine Jane Sivadon, une amie intime de mes parents. Elle dirigeait l‘École des Surintendantes du Travail. Dans la clandestinité, elle était membre du comité directeur du réseau Libération Nord.
J’appris plus tard qu’elle avait été transférée à Sarrebruck et condamnée à mort par un tribunal militaire ainsi que cinq de ses compagnes de combat. Elles furent incarcérées dans la prison de Cologne et enchaînées en attente de leur décapitation. Finalement leurs juges décidèrent de remettre les exécutions à plus tard, désireux de leur faire visiter avant les établissements modèles du Grand Reich (sic). Rejointes par d’autres compagnes condamnées à des peines de travaux forcées, elles furent d’abord expédiées au bagne de Lübeck puis au gré de leurs tortionnaires, dispersées dans différents bagnes ou camps de concentration. Finalement Jane a été transférée au camp de Ravensbrück. Elle y trouva Germaine Tillon, Geneviève de Gaulle, Marie-Claude Vaillant-Couturier. Elles organisèrent la vie dans leur block d’internement. Elles se sont avant tout employées à soutenir le moral des autres déportées. Germaine Tillon a raconté les pièces de théâtre qu’elles inventaient. Jane, ancienne éclaireuse, n’était pas en peine de trouver des jeux et des chants pour la chorale qu’elle avait formée. Malgré leurs efforts elles ne purent empêcher de mourir des amies devenues chères à leur cœur. Parmi elles, quatre compagnes de Jane arrêtées lors du démantèlement du réseau Résistance Nord.
Jane dont l’optimisme communicatif (elle avait baptisé son groupe Les sœurs optimistes) mettait en rage ses geôliers, fut transférée au camp de Mauthausen où elle vit mourir une autre compagne. Quand le camp à été libéré, la Croix Rouge Suisse la rapatria en France dans un état épouvantable. Ses deux frères les docteurs André et Paul Sivadon l’accueillirent et veillèrent sur elle jusqu’à son complet rétablissement.
Mon oncle maternel qui était aussi mon parrain, William Hochard (Grand Prix de Rome de gravure) s’engagea dans les Corps Francs d’Auvergne du colonel Gaspard. Il a été tué à Saint-Bonnet près de Riom au cours de l’attaque d’un convoi d’essence allemand qui ralliait le front de Normandie. Il avait 32 ans. Je l’aimais beaucoup, j’ai beaucoup pleuré sa mort. ( une rue de Clermont-Ferrand porte son nom )

Ma première leçon de manifestation de rue.
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Dès la libération mes parents reprirent leurs activités sociales et prirent des responsabilités dans l’application sociale du programme du Conseil National de la Résistance concernant la création des caisses de sécurité sociale, d’allocations familiales et de mutuelles.
Les étudiants ne voulaient pas être les laisser pour compte des conquêtes sociales. Partout en France, ils manifestèrent pour obtenir le droit à la sécurité sociale. Nous étions plusieurs lycéens à estimer que nous devions être solidaires de nos aînés. Nous étions décidés à manifester avec eux. Nous pensions que nous serions une trentaine. C’est pratiquement tout le lycée Blaise Pascal qui descendit dans la rue. Nous décidâmes de défiler séparément derrière les étudiants. Quand la tête de la manifestation arriva aux abords de la préfecture, elle se heurta à un peloton de CRS. Le commandant ordonna aux étudiants de se disperser. Comme les étudiants refusaient d’obtempérer, les policiers chargèrent. Il y eut des bousculades plus que des échauffourées. Les étudiants se sont réfugiés dans les petites rues avoisinantes, obligeant ainsi les CRS à fragmenter leurs forces. A l’entrée des rues étroites, des commandos d’étudiants les narguaient. Quand les CRS ont voulu les déloger, les étudiants des facs de sciences et de médecine, reconnaissables à la blouse blanche qu’ils portaient, les accueillirent par des jets de bombes à bizutage (des petits sacs de papiers légers remplis de talc ou de farine) qui s’écrasaient sur les uniformes des assaillants. Quand nous sommes arrivés sur les lieux de l’affrontement, les CRS nous ont refoulés sans ménagement. Les plus flambards d’entre nous qui tentaient de résister reçurent des coups de pieds dans le cul, d’autres ont pris leurs jambes à leur cou, certains poursuivis par quelques CRS. C’est ainsi que je me suis retrouvé hors d’atteinte place du marché couvert. La place était déserte. Je me suis arrêté pour reprendre mon souffle, courbé en deux. Quand j’ai relevé la tête, j’ai aperçu quatre ou cinq agents de police qui étaient en faction. L’un se dirigea vers moi. J’ai sottement tourné des talons et je me suis enfui au lieu de marcher vers lui d’un pas tranquille. Il s’est lancé à ma poursuite. A un angle de rue, j’ai un instant échappé à son regard. Je me suis caché derrière une porte d‘entrée ouverte et je me suis accroupi contre le mur. J’ai entendu une femme qui avait dû me prendre pour un voyou, crier: "Il est là, il est entré là !" Le gardien de la paix a pointé son nez et a examiné le couloir. Il allait repartir. Ma respiration haletante a trahi ma présence. Il m’a relevé par les cheveux. Il m’a conduit au Commissariat en me tenant par le collet et en me donnant à chaque pas une poussée sur la nuque pour me faire avancer plus vite. Arrivé au commissariat, il me fit descendre dans une cave qui servait de cellule. Je vis accroupis dans un coin trois gamins comme moi qui refoulaient leurs larmes en reniflant et trois agents tout fiers de leur prise qui m‘accueillirent en rigolant. Mon chasseur d’enfants m’envoya valdinguer contre un autre qui me renvoya à un autre puis au suivant et ainsi de suite. La partie de pushing ball dura longtemps. J’avais le tournis, je vacillais, ils me remettaient sur pieds. Quand ils en eurent assez de ce jeu, ils partirent, verrouillèrent la porte et coupèrent la lumière. Seul un étroit soupirail donnait une faible clarté qui disparut la nuit venue. Nous restâmes dans le noir anéantis, inconscients du temps qui s’écoulait dans un silence total. Mon père tardivement prévenu est venu me chercher. Il était furieux. Le commissaire en a pris pour son grade. Il argua qu’il avait fait son devoir en empêchant des gamins à se mêler aux fauteurs de troubles. "Si les parents veillaient plus sur leurs fils, ce ne serait pas à nous de leurs donner une bonne leçon"

Mon témoignage sur les brutales répressions des grèves ouvrières.

Le 21 novembre 1945 le 1er gouvernement de la Quatrième République s’était constitué. Un gouvernement provisoire tripartite (socialiste SFIO, MRP, PCF) présidé par le Général de Gaule. L’urgence était de relever la France des ruines de la guerre et de mobiliser toutes les énergies pour reconstruire son patrimoine économique et industriel. Le secrétaire général du parti communiste Maurice Thorez était ministre d’état. Il appela les travailleurs à retrousser les manches. Le dynamisme ouvrier soutenu par la CGT fit que les mines de charbon; les aciéries, les usines produisirent comme jamais. Grâce à la nationalisation des banques et des grands moyens de production, les fruits du travail ne furent pas captés par des intérêts rapaces privés. Les travailleurs bénéficièrent d’avancées sociales plus importantes que celles obtenues en 1936. Parallèlement à Paris au Palais de Chaillot l’assemblée des Nations Unies adoptait la Déclaration Universelle des droits de l’Homme et du Citoyen, en grande partie rédigée par les français René Cassin et Stéphane Hessel.
Début 1946 le général de Gaule en désaccord avec la constitution qui venait d’être votée démissionna et se retira à Colombay les deux églises. Le socialiste Félix Gouin lui a succédé. Quatre moi et demi après le MRP George Bidault le remplaça puis de nouveau un socialiste puis…. La coalition tripartite s’est délitée. Les communistes ont été exclus du gouvernement. Une coalition à la fois hostile au Général de Gaule et aux communistes se forma. Les gouvernements dits de Troisième Force à peine mis en place, tombaient. Chacun voulait sa part du gâteau. La valse des gouvernements profita aux forces réactionnaires. On doit à la Quatrième République la guerre d’Indochine et la guerre d’Algérie. Guerres illégitimes en infraction avec la Constitution qui proclame la liberté des peuples à disposer d‘eux-mêmes. On doit à la Quatrième République une récession sociale et une remise en cause des droits acquis par les travailleurs. On doit à la quatrième république la liquidation des aciéries au bénéfice de l‘Allemagne.
La colère des travailleurs s’exprima par des grèves qui furent rudement réprimées Le socialiste Jules Moch, six fois ministre de l’Intérieur dans les gouvernements de la troisième force, a gagné sa place dans l’Histoire aux côtés des pires ennemis de la classe ouvrière. Les gouvernements successifs auxquels il a appartenu avaient besoin de son anticommunisme viscéral pour mâter la légitime révolte des travailleurs. La répression des grèves fut souvent sanglante comme dans les houillères où Jules Moch envoya 60.000 CRS et soldats contre 15.000 mineurs.
J’ai été témoin de la répression brutale de la grève aux usines Michelin et Bergougnan de Clermont-Ferrand. Nous étions aux premières loges à la maison, en face de l’usine Bergougnan. J’ai vu des ouvriers pourchassés et matraqués dans la rue par les CRS. J’ai vu les CRS investir l’usine occupée par les grévistes. J’ai vu des CRS pousser dans le vide ceux qui s’y étaient réfugiés. J’ai vu des policiers interdire l’accès aux ambulances. J’ai vu ma mère revenir à la maison bouleversée, les larmes aux yeux. Elle était partie faire des courses. Au retour, dans notre rue, un CRS l’avait rudement bousculée en lui hurlant dans les oreilles: Remise-toi vieille garce

La guerre d’Algérie.

J’ai été appelé au service militaire en 1956 .J’étais sursitaire. En qualité de père de deux enfants, j’étais exempté de service en Algérie. J’ai fait mes classes au 5ème régiment du génie à Versailles en compagnie de quelques intellectuels mités de la rive-gauche comme disaient nos supérieurs. Parmi mes compagnons de chambrée, il y avait mon ami Laurent Terzieff. Nous nous connaissions depuis cinq ans et lié par une solide affection..
A proximité de nos baraquements un cantonnement était réservé aux rappelés en attente de départ pour l’Algérie. Une nuit ils entonnèrent l’Internationale. Nous nous joignîmes à eux bientôt suivi par la chambrée puis par tout le baraquement. Le lendemain nous avons été, Laurent et moi, conduit au bureau. du colonel. Deux officiers de la sécurité militaire siégeaient à ses côtés. Ils nous accusèrent (à juste titre) d’avoir entraîné nos camarades à chanter un chant séditieux. Je leur fis remarquer que cet hymne était celui du parti de Guy Mollet alors au pouvoir. Le colonel ébahi se tourna vers ses acolytes qui lui confirmèrent en hochant de la tête. Résultat nous avons écopé quinze jours de consigne pour chahut nocturne et indiscipline grave. Quelques temps après notre compagnie a été rassemblée dans la salle de cours d‘instruction militaire. Les deux officiers que j‘avais vus chez le colonel étaient là, ils nous ont distribué des feuilles blanches, des crayons. Ils nous ont demandé d’écrire en quelques mots ce que nous pensions des "événements d’Algérie", étant bien entendu que le plus strict anonymat était assuré.. La majorité de nos camarades rendirent une copie blanche. D’autres dont j’étais, écrivirent une phrase de Sartre que Laurent nous a soufflé. Elle disait, si je me souviens bien: "Ceux qui parlent d’abandon de l’Algérie sont des imbéciles on ne saurait abandonner ce qu’on n’a jamais possédé". Illico presto Laurent et moi nous avons été conduits dans le bureau du colonel et accusés de rébellion. Nous avons répondu qu’il n’en avait pas la preuve puisque les réponses aux questionnaires étaient anonymes. Un officier agita devant le nez nos copies en clamant : "Et là ce sont bien vos écritures !"
La célébrité naissante du jeune comédien Laurent Terzieff embarrassait nos accusateurs. Ils le firent réformer pour troubles psychiques. Moi j’ai écopé de trente jours de consigne et affecté au bureau des écritures sous la férule d’un vieil adjudant chef de la gendarmerie mobile. Celui-ci était plus bête que méchant. Il me confia la vérification des demandes d’exemption de service en Algérie des recrues dont le père était Mort pour la France. J’étendis la mesure à tous ceux qui avaient eu un grand-père Mort pour la France. La guerre de 14-18 en avait fourni pas mal. L’autorité militaire finit par s’étonner du nombre anormal d’exemptés dans notre régiment. De nouveau j ai été conduit au bureau du colonel. Il était hors de lui. Il hurlait que je portais atteinte à l’honneur du régiment comme s’il ne suffisait pas que des anarchistes comme moi l’aient jadis bafoué en entraînant tous les troufions à défiler la crosse en l’air  ( je ne sais plus quand, peut-être en 1934, ni à quelle occasion). Depuis le régiment était privé du port de la fourragère. Je lui répondis que le mieux à présent serait de le priver de guerre en Algérie. Je venais d’aggraver mon cas. Il m’informa qu’il avait décidé de m’expédier aux îles Kerguelen dans une compagnie disciplinaire. J’étais assommé par cette décision. J’avoue que j’ai fait une chose que je me serais interdite de faire dans d’autres circonstances. J’ai appelé ma marraine Jane Sivadon qui dirigeait le service social des armées avec le rang de général. Elle me sermonna durement mais accepta finalement d’intervenir sous prétexte qu’on ne pouvait pas m’éloigner de ma femme et de mes enfants. Mon livret militaire indique que le même jour j’ai été muté successivement dans une compagnie de travaux lourds aux Kerguelen et au service de presse du socialiste SFIO Max Lejeune Secrétaire d’État aux Forces Armées, chargé de l’Algérie dans le gouvernement Guy Mollet (il quittera plus tard la SFIO pour créer son propre parti encore plus à droite puis finira par rejoindre l’UDF). Mon colonel me convoqua et m’annonça ma mutation au ministère des armées et ma promotion au grade de caporal chef, grade minimum exigé pour être au service de presse. Il me dit: " Ne croyez surtout pas que je cède à la pression. La seule chose qui m’importe c’est d’être débarrassé des fruits pourris comme vous."
J’ai donc terminé mon service militaire au service de presse de Max l’africain. J’habitais chez moi à Suresnes, je me levais à cinq heures du matin pour être à six heures au ministère. Avec deux autres planqués comme moi, nous épluchions tous les journaux, nous découpions les articles concernant les événements d’Algérie et les mises en cause de notre sous-ministre. A neuf heures, je reposais arme, c’est à dire ma paire de ciseaux. J’étais libre jusqu’au lendemain matin. .

Le retour du Général

En 1958, libéré de mes obligations militaires, j’étais de ceux qui, le 1er juin, ont manifesté devant le Palais Bourbeux comme nous l’appelions à l’époque où Charles de Gaulle demandait l’investiture par l‘Assemblée Nationale d’un nouveau gouvernement. Ce fut le dernier gouvernement de la Quatrième République. On y retrouvait les ministres socialistes (Guy Mollet et consort), ceux du MRP (Georges Bidault) et ceux de la droite la plus réactionnaire, tous partisans de l’Algérie Française et rassurés par le Vive l’Algérie Française proclamé à Alger par le Général de Gaulle.  
Nous étions peu nombreux ce 1er juin 1958 place du Palais Bourbon, une centaine peut-être à manifester. Pas de quoi mobiliser les CRS pour évacuer la Place. Cependant une voiture non identifiée surgit et fonça dans la foule, heureusement sans faire de victimes. Mon copain le comédien Paul Crochet m’écarta à temps pour que je ne sois pas renversé. Plus tard quand la Résistance à la guerre d’Algérie est devenue plus forte et virulente, Paul s’engagea dans le réseau Janson, il fut arrêté, traduit devant un tribunal militaire et incarcéré. J’ai manifesté contre son incarcération et celle des autres membres du réseau.
Nous étions plus nombreux le 1er septembre 1958, à contre-manifester place de La République quand Malraux prononça devant une foule beaucoup plus importante que la notre, son discours en faveur du vote pour une nouvelle constitution et la création de la Cinquième République. Nous avions répondu à l‘appel du Parti Communiste auquel je venais d’adhérer. Les CRS ont chargé pour nous disperser. Nous avons résisté. Les coups de matraques pleuvaient. Il y eut plusieurs blessés graves. Beaucoup atteints par le tir tendu de grenades lacrymogènes. Les gaz envahissaient la Place de la République et faisaient aussi pleurer le public de Malraux dont l’élocution déjà altérée par la cocaïne ne parvenait plus à soutenir ses sombres envolées lyriques.
Le 8 févier 1962, les parisiens ont été appelés à manifester contre l’OAS. La mobilisation fut énorme. Différents cortèges partirent de différents points de rassemblement et convergèrent vers la place de la Bastille. Les CRS avaient déjà bloqué les avenues et les boulevards que les cortèges devaient emprunter. Notre lieu de rassemblement était au métro Voltaire. Notre cortège devait rejoindre la Bastille par la rue de la Roquette. Un escadron de CRS en interdisait l’accès et barrait aussi les rues qui partent de la place du Père Chaillet. Les casques et les boucliers brillaient sinistrement dans la nuit. Les policiers frappaient le sol avec leurs bidules (longue batte en bois dur) au rythme de: AL-GE-RIE---FRAN-ÇAISE… Soudain ils chargèrent notre rassemblement en matraquant les manifestants qui ne refluaient pas assez vite. Ils nous repoussèrent jusqu’au Boulevard Voltaire puis s’immobilisèrent, nous laissant libres de descendre le boulevard. Les cars de police nous suivaient de loin. Au carrefour Voltaire-Charonne d’autres manifestants qui comme nous avaient été obligés de changer d’itinéraire s’y trouvaient. Nous n’avons pas eu le temps de comprendre que nous étions pris dans une souricière. De toutes parts policiers et CRS ont chargé. On connaît la suite: les morts du métro Charonne. L’ignoble préfet de police Papon, le pourvoyeur de juifs aux camps de la mort pendant l’occupation allemande, dirigeait les opérations. Il se montra tout aussi efficace dans l’art de la répression que la nuit du 17 octobre 1961 où il avait fait tirer sur les familles algériennes qui manifestaient pacifiquement. Les corps de centaines de tués furent jetés dans la Seine. D’autres manifestants arrêtés en masse furent conduits, battus, torturés dans des centres de rétention.
A cette époque, j’étais assistant réalisateur à la télévision française. Je militais activement au sein du parti communiste, au Syndicat Français de la Radio-Télévision et à la Fédération du Spectacle CGT. En 1965 j’ai été délégué au 35ème congrès de la CGT. Je suis intervenu à la tribune pour prononcer le rapport concernant la télévision. Les comptes rendus de presse n’ont pas manqué de souligner que j’avais prononcé un violent réquisitoire contre la direction de l’ORTF. Le patron de la Télévision et la direction des programmes ne manquèrent pas de s'en souvenir. quand homologué en qualité de réalisateur en 1966, n'étant plus de ce fait statuaire, je fus privé d'emploi.
Bernard Gavoty me sauva la mise. Il n’avait pas été mis au courant de cette interdiction et il m’avait confié la réalisation d’un documentaire sur le chanteur catalan Raimon. Il avait beaucoup aimé ce film et avait décidé de me confier d’autres réalisations. Quand le directeur de la télévision lui fit savoir qu’il n’était pas question de me prendre dans son équipe, Bernard Gavoty s’insurgea contre cette interdiction de travail qui de plus portée atteinte à sa propre liberté d’engager qui lui plaisait. Il menaça d’écrire un article dans le Figaro (il était chroniqueur sous le pseudonyme de Clarendon). Le directeur céda. "Que votre protégé fasse des émissions musicales, mais qu’il ne nous fasse pas chier ailleurs" me rapporta Gavoty. C’est ainsi que je suis devenu réalisateur de documentaires consacrés à de grands interprètes et à des manifestations musicales. J'ai beaucoup apprécié ma collaboration aux émissions de Bernard Gavoty. Dans le travail il abandonnait son habillage mondain et redevenait le provençal attaché à ses origines agraires. Peu à peu d‘autres producteurs de séries me confièrent diverses réalisations

Mai 68.

En 1968, je n’étais pas sur les barricades. Pour nous, communistes, la situation n’était pas révolutionnaire mais favorable pour faire aboutir d’importantes revendications syndicales et sociales. Nous passions pour des traîtres y compris auprès de certains camarades de notre syndicat CGT des réalisateurs. Ils s’étaient découvert une fibre révolutionnaire. En assemblée générale, ils croassaient comme les grenouilles de la fable qui réclamaient un roi. On ne les entendit plus quand De Gaulle reprit en main la situation et s’accommodèrent fort bien ensuite de Pompidou.
Nous avons poursuivi la grève à la Télévision plus longtemps que les travailleurs des autres secteurs qui avaient repris le travail après les accords de Grenelle. Nous exigions la liberté d’expression et la coupure des liens avec le pouvoir politique (allô l’Élysée qu’est-ce qu’on passe à la télé ?) et la réintégration des journalistes licenciés.
En cet été 1968; nous étions aussi terriblement préoccupés par la situation en Tchécoslovaquie. J’étais au siège du comité central du parti quand la nouvelle de l’intervention soviétique tomba. Waldeck Rochet blêmit, il sortit de la pièce en vacillant sous le regard dur et froid de Georges Marchais. J’avais beaucoup d’estime pour Waldeck. Il avait une très grande intelligence politique et ce qui ne gâchait rien, il était un homme de cœur. Si les événements de Tchécoslovaquie ne l’avait pas tué, il aurait, j’en suis sûr, poursuivi et mené à bien la réforme du parti pour le libérer des séquelles du stalinisme et lui donner un souffle démocratique nouveau. J’ai demandé à Jaques Duclos qui était présent ce qu’il pensait de l’intervention soviétique, il m’a répondu: "Une connerie, ils ont fait une magistrale connerie, plus grave encore une impardonnable erreur politique. Ce n'est pas la première fois et certainement pas la denièreils en feront bien d’autres, je le crains." J’étais surpris d’entendre ces mots sortir de la bouche de cet ancien stalinien. En fin politique, il avait pris conscience qu’après la dénonciation des crimes de Staline et la fin de la guerre froide, il était temps que le parti révise ses positions idéologiques et se dégage de la tutelle de Moscou. Le vieux dirigeant m’avait pris en amitié et nous discutions de tout cela confidentiellement. Quand Jacques Duclos à été désigné par le parti pour être candidat à l’élection présidentielle, je n’ai pas hésité à être un de ses conseillers audiovisuels.

Le Vietnam

Je dois à Claude Santelli mon premier séjour au nord du Vietnam. Il avait été chargé de la production des émissions de fêtes de la fin d’année. Après tous les événements qui avaient marqué 1968, il voulait que le programme porte à la réflexion. Je lui ai proposé de faire un documentaire sur la situation du pays meurtri par l’escalade aérienne américaine, vue par les yeux d’un jeune écolier le petit Khoa. Madeleine Riffaud m’avait fait lire les poèmes qu’il écrivait. Santelli accepta mon projet et je pris l’avion pour Hanoï. Le film eut un grand retentissement; Il fut couronné par le Prix Paul Vaillant-Couturier que me remit Marie-Claude Vaillant-Couturier..
Par la suite j’ai séjourné plusieurs fois au Vietnam. J’ai réalisé en 1972 Les Chemins de la Victoire, un documentaire en trois partie la première Dat Nùoc consacrée à la constitution du Vietnam en nation à travers ses luttes ancestrales; la deuxième Ho Chi Minh, esquisse d’un portrait politique relatant les luttes contre le colonialisme et pour l’indépendance; la troisième Dong Phong dépeignait la vie quotidienne d’un village du Delta du Fleuve Rouge. Ces films étaient mis en production par Unicité, société du parti. Ce fut le début de mes désaccords avec le PCF. A mon retour du Vietnam, la ligne politique du parti avait changée après les négociations secrètes entre Nixon et Brejnev à Moscou. Ils réglaient leurs différents géopolitiques dans le dos des vietnamiens considérés à présent par le grand parti frère comme des jusqu’au-boutistes.
Mon film était mal venu. Je me suis rebifé. Je refusais de trahir la confiance que les vietnamiens avaient mise en moi. Le montage du film ayant été arrêté, je me suis tourné vers le Service de la Recherche de l’ORTF. Pierre Schaeffer qui le dirigeait accepta de me donner les moyens de le terminer et s’engagea à le diffuser dans le cadre de la série Un certain Regard. Unicté, après bien des palabres et consultations consentit à entrer en coproduction avec le Service de la Recherche, ainsi le film n’apparaîtrait pas comme étant un film du Parti communiste. J’obtins aussi que le long interview de Nguyen Khac Vien, historien, philosophe, directeur de la revue Études vietnamiennes, soit projeté en salles de cinéma. Jane Fonda., accompagnée de Marlon Brando ont assisté à une projection au cinéma Le Champollion.
Peu après cette projection, l’Ambassade de la République Démocratique du Vietnam me fit savoir que mon retour était souhaité d’urgence sans me préciser pourquoi. J’ai compris quand j’ai pris l’avion.. J’ai voyagé en compagnie de Jane Fonda. J’avais été choisi par elle et les vietnamiens pour réaliser le reportage sur sa visite à Hanoï. J’ai découvert une Jane Fonda nature, attentive à comprendre la situation, posant de vraies questions, bouleversée par le bombardement d’Hanoï et la destruction de son hôpital, fraternelle avec les pilotes américains prisonniers avec lesquels elle s’est entretenue sans jamais les blâmer, s’attachant surtout à leur montrer que les gouvernements américains les avaient trompés et avaient abusé de leur patriotisme. (voir la page Jane Fonda)  De retour en France, j’ai donné à Jane les rushs du film J’estimais que c’était à elle de le mettre en forme pour le public américain. Il fut diffusé sur les chaînes de la CBS.
A la mort de Ho Chi Minh, Panorama une émission régulière d’information décida d’envoyer une équipe. L’ambassade fit savoir qu’elle souhaitait que je la dirige. C’est ainsi que j’ai réalisé Le Testament de l’Oncle Ho.

Mon éloignement du parti
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En 1974 à l’occasion de la préparation du 21ème congrès du Parti communiste les camarades de ma cellule ont délégué mon ami Gérard Gozlan et moi à la conférence de section à laquelle était soumis le rapport que Georges Marchais devait prononcer à la tribune du congrès. Nous avons voté contre. Nous n’avions pas digéré entre autres affirmations péremptoires le Bilan globalement positif de l’Union Soviétique. Je n’avais pas un brin d’estime pour Georges Marchais. Je le jugeais intellectuellement limité. J’avais le sentiment que son cerveau avait été formaté pour se nourrir uniquement d’idées reçues dans les écoles du parti à l’époque du stalinisme. Il restait fermé aux enseignements de l’histoire. Pas l’ombre d’une pensée critique personnelle. Il s’en remettait aux directives de Moscou: défendre aveuglément le communisme réel. Je n’aimais pas sa morgue, sa vulgarité, ses fanfaronnades. Sous sa direction le parti n’a pas pu briser le carcan dans lequel il s’était enfermé. Quand le bloc soviétique s’est effondré, le parti n’était pas idéologiquement armé pour faire face à un démenti de l’histoire. Il se délita. Il mit à sa tête un nain de jardin parfaitement incapable de mener à bien une saine autocritique qui aurait ranimé la confiance dans un militantisme raisonné. Avec à sa tête Marie-George Buffet puis Pierre Laurent le parti a retrouvé un nouveau souffle bien faible encore mais capable de ranimer peu à peu la confiance en sa capacité d’agir avec d’autres forces progressistes pour un juste partage des richesses, pour la destruction d’un capitalisme ravageur, pour la défense des intérêts des travailleurs, pour de nouvelles conquêtes sociales, pour la solidarité internationale avec les peuples, pout leur émancipation et tant d‘autres luttes à mener en vue d‘instaurer une société plus éduquée; plus cultivée, plus morale, débarrassée des tares humaines engendrées par l’ignorance et la misère mais aussi par la malhonnêteté intellectuelle l’avidité, l’esprit de lucre, la corruption des dominants.

"Il n’est pas de sauveur suprême ni dieu ni césar ni tribun."

Ce vers de l’Internationale, on ne l’entendait jamais. Il devait écorcher la bouche des staliniens.
C’est aux peuples éclairés, délivrés de toutes formes d’obscurantisme, de décider de leur avenir. Dans une société citoyenne, à quelque niveau que ce soit, chaque individu doit prendre conscience de sa responsabilité dans l’évolution de l’histoire humaine. Pour cela, il doit conquérir la liberté de développer ses connaissances et ses qualités créatives et productives  qui lui permettront d’exercer une activité professionnelle à responsabilité collective délivrée de toute spéculation financière sur les fruits de son travaill,  ou une activité personnelle librement entreprise. En contre partie  de sa contribution à l'essor de la société, il bénificiera de services publics efficaces et d'une complète  protrection sociale..

Le chemin sera long à parcourir avant que règne l’harmonie dans les rapports humains. Chacun devra y mettre du sien pour le débroussailler. Il faudra se méfier des bonimenteurs et des illusionnistes qui proclament "ne vous donnez pas tant de peine, suivez-nous sur le chemin que nous vous avons tracé d’avance." Ils sont les chantres des possédants, des privilégiés, des asservisseurs, des fanatiques de tout poil. Ils vous conduiront dans un cul de sac et vous y tiendront à merci. Le destin de l’humanité n’est pas écrit d’avance, il n’est pas dicté par des dogmes ni des orthodoxies.
Nous vivons en France dans la cacophonie incessante des luttes partisannes pour la prise du pouvoir. De Gaule avait créé la cinquième république contre le régime des partis. En fait il s’est empressé d'en créer un pour renforcer son pouvoir personnel. Mitterrand qui avait proclamé son hostilité aux institutions quasi monarchiques de la cinquième république, s’en est fort bien accommodé quand il fut au pouvoir. Quant aux soi-disant héritiers du gaullisme et autres représentants de la droite dite républicaine, ils se sont illustrés par leur médiocrité et leur asservissement aux forces dominantes de la junte capitaliste mondiale. Quant aux déviations criminelles du communisme, elles ont transformé dans les faits le précept contestable de "dictature du prolétariat" en  "dictature sur le prolétariat". Les citoyens n'ont rien de bon à s'en remettre à un dieu, un césar, un tribun... j'ajouterais ni à un parti dominateur. Le rôle d'un parti politique, dit de gauche,  n'est pas d'attiser une lutte fratricide de conquête du pouvoir pour le pouvoir, lutte qui ne fait qu'engendrer la confusion dans les esprits, mais de se saisir des aspirations diverses et souvent contradictoires de la population pour, en fonction de l'idéal social qui l'anime, faire des choix, y réfléchir et proposer des solutions concrètes, radicales si neccessaire, ou temporaires dans la mesure où  leurs applications constituent un progrès pour l'ensemble des citoyens et en priorité pour les plus démunis..Son rôle, bien entendu, est aussi d'aiguillonner le pouvoir en place, quelque soit sa couleur pour aller dans la bonne direction, d'alerter sur les dérives et  lutter contre toutes régessions.

      La mondialisation dont on nous rebat tant les oreilles n'a pour but que de soumettre les peuples au pouvoir dictatorial des oligarchies financières. La construction de l'Europe, telle qu'elle se fait actuellement n'est pas, contrairement à ce qu'on veut nous faire croire, une défense contre une mondialisation oppréssive mais une accélération du nivellement par le bas des conditions de vie des citoyens. La destuction des conquêtes sociales dans les pays développés exigée par les tenants du pouvoir économique accélèrent leur domination politique exclusive sur toute la planète. En ce qui concerne les pays dit en voie de développement où déjà s'est opéré la mainmise sur leurs richesses naturelles, ce sera le maintien de ou un retour à l'esclavage des travailleurs.  En l'absence de réactions des peuples, ces criminels desseins déjà s'accomplissent. Mais c'est jouer avec le feu. Plus les réactions populaires seront tardives, plus elles seront violentes et incontrôlables. Au pire elles pourraient entraîner des guerres civiles, et même des guerres internationales. Déjà dans le monde, se multiplient des explosions sociales non maîtrisées qui débouchent sur des règlements de compte sanglants, des retours à des barbaries tribales, des luttes sauvages interethniques et interreligieuses. L’humain n’est pas un saint. il se laisse facilement entraîner par ses bas instincts.quand on les réveille.  La misère, l’ignorance, l’inculture, favorisent des réactions grégaires que des guides suprêmes s’empressent d’exploiter. L’histoire prouve que des sociétés entières dans lesquelles se dissout le sens de la responsabilité individuelle, deviennent criminelles. Cependant si le développement de l’intelligence personnelle et des acquis culturels sont nécessaires au progrès moral, ils peuvent aussi devenir des armes pour des profiteurs, des arrivistes sans scrupules et des carriéristes cyniques qui n’ont que faire de l’intérêt général. Seule la construction d’une société dans laquelle chaque citoyen bénéficie des mêmes droits civiques, de la liberté de penser, d’exprimer ses opinions, d’exercer ses talents, ses savoir-faire, d’acquérir des connaissances; d‘être assuré de la solidarité collective en cas de malheur, d‘accidents, de maladie.  Une sociiété qui, en contre partie des droits ne demande au citoyen que de respecter la loi commune, de participer à l’amélioration constante du vivre ensemble, de défendre les intérêts communs et les acquis sociaux,  de préserver la planète de tout cataclysme provoqué par la domination irraisonnée de l’Homme sur la Nature  Seule une humanité animée par ces droits et devoirs, a des chances de suvivre.

     Toute leur vie, mes parents ont privilégié l'action sociale, associative et solidaire. J'ai beaucoup d'admiration pour ce qu'ils ont réalisé. Mon père disait que chaque individu avait en lui un talent qui ne devait pas être étouffé. Un talent qui lui permet de construire son propre "chef d'oeuvre" aussi modeste soit-il. Longtemps j'ai estimé que cela ne suffisait pas pour changer la société et que des actions radicales s'imposaient. A présent, je pense que sont néfastes toutes révolutions qui ne résultent pas d'une évolution salutaire des esprits, d'un engagement personnel à respecter et faire respecter les droits universels des hommes. Cela ne veut pas dire que l'on doit se dispenser de lutter au jour le jour pour l'amélioration des conditions de vie des travailleurrs et pour plus de justice sociale. N'attendons pas d'une révolution qu'elle crée un Homme Nouveau, on sait ce qu'il en a résulté de celles qui le prétendaient.

Pour conclure, je cite à nouveau l'Internationale dont les paroles simples et populaires nées de la Commune me touchent toujours: "Pour tirer l'esprit du cachot, soufflons nous-mêmes notre forge, battons le fer tant qu'il est chaud..." 

Date de dernière mise à jour : mardi 07 octobre 2014

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